CAZA et le sport, par lui-même

mercredi 7 septembre 2011
par  Maylis Cazaumayou

Caza àsa fille Maylis, vers ses 80 ans : "Comment veux-tu que je fasse le bilan de plus de 60 ans de Sport ?
Et puis, on ne fait le bilan qu’en fin d’exercice...
Et je n’ai pas l’intention de le clore, l’exercice !..."

Mais il écrivit tout de même ce qui suit :

"Je suis né àDax (Landes) le 30 octobre 1911, beau bébé de 5 kg !, 4ème d’une famille de 9 enfants : 5 garçons et 4 filles, engendrés par Alfred Cazaumayou pharmacien dans cette ville et Lucie Barnetche. Tout ceci se passait au 15 rue St Vincent.

Ma première vélléité sportive fut de rentrer au Club de Gym de Dax, au "patro" (patronage) "La Jeanne d’Arc". Refus des parents.

Le Collège :

J’entre au collège de Cendrillon de Dax ! (déjàla magie des contes !) en 6ème, c’est à3 kms de la maison : la marche ou le vélo deux fois par jour avec - déjà- l’esprit de compétition.
Au collège-même, c’est la pelote basque sous toutes ses formes : de la "main nue" àla chistéra.
c’est le foot : d’ailier droit àgardien de but.
c’est le hockey sur gazon
c’est le rugby
c’est le vélo de piste (il y a un bel anneau de ciment au Vélodrome de Dax)

Les vacances :

Capbreton, Hossegor, énormément d’aviron, nous vivions sur l’eau...
et bien sà»r, l’aviron, la natation et très vite le plongeon.
1925, j’ai 14 ans, une escapade àBordeaux pour gagner le Championnat Scolaire du Sud-Ouest en catégorie minime.
1926, ma première piscine : au Sporting d’Hossegor
Brasse, crawl, plongeon, water-polo, toutes les spécialités y passent :
champion des Landes, puis de la Côte Basque, puis en plongeon : du Sud-Ouest sans parler des multiples traversées de ville : Dax, Bayonne, Biarritz, Hendaye, St Jean de Luz, juste assez pour me convaincre que je ne ferai jamais un bon nageur.
En plongeon par contre...
10 ans d’études classiques au collège de Dax, Bac Latin-Sciences (avec mention bien !) et Bac Philo !
Mon père pharmacien "les produits les meilleurs aux prix les plus réduits" me destinait àsa succession. La belle pharmacie de Dax de 1ère classe et l’enterrement aussi de 1ère classe.

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Alfred Cazaumayou
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Alfred Cazaumayou, son père par Caza
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Lucie Cazaumayou

En bon fils, j’ai fait mon année de stage chez lui et àla pharmacie de Jean, mon frère aîné àBayonne (ce qui se passait le plus souvent au Trinquet St André)
Et je vais àParis et enlève le Critérium de France 2ème catégorie.
Octobre de la même année, je m’y installe comme étudiant en pharmacie.
Entraînement au SCUF avec les meilleurs plongeurs de l’époque : Lepage, Poussard, Roger Heinkelé et premières compétitions au niveau 1ère série nationale. Les concours sont très rares. Il s’agit surtout d’exhibitions dans toutes les fêtes de natation avec beaucoup d’invitations en province ou àl’étranger, avec des plongeons comiques et des figures de compétition.

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Cazacomique

Parallèlement, études àla Fac de Paris, sans intérêt - un an : échec
une autre année toujours aussi peu palpitante pour moi et re-échec.
J’avais toujours montré des dons pour le dessin. Pendant mon stage, j’avais suivi les "cours ABC" par correspondance. J’ai fait éditer mon premier album "Les martyrs de la rue Gît-le-Coeur" àParis. Je logeais àla cité Universitaire- Maison Suédoise (où je n’ai pas appris un mot de suédois, sottement, cela m’aurait servi ensuite), puis sort un 2ème album sur "Labo 1".

Bientôt solidement installé au 3ème rang des plongeurs français avec quelques victoires de ci de làen championnat de Paris ou championnat de France.

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Caza en grande forme- Capbreton 1938

Un exploit en 1933 : médaille d’argent des Jeux Olympiques Universitaires àTurin. Et déjàune vocation naissante d’entraîneur qui va me permettre de donner le départ du plus grand plongeur des 10 prochaines années : Raymond Mulinghausen.

Benjamin, l’Auto, la Plage de l’Isle-Adam
Et puis ma fiancée Ginette, par l’intermédiaire de son amie, Yette Boschot, m’a présenté àJean Nohain, Jaboune, qui avait déjàcréé Benjamin. Il m’a embauché comme dessinateur puis reporter et finalement secrétaire de rédaction. Ce fut une merveilleuse école de journalisme. En 1933, j’entrai àl’AUTO d’Henri Desgrange avec mes premières caricatures. J’y suis resté : àBenjamin jusqu’en 1939 et la guerre. Carte de voeux de Caza (infirmier) pour 1940
àl’Auto devenue l’Equipe jusqu’en 1950 avec une interruption de 2 ans 1949-50 où j’ai été directeur de la Plage de l’Isle-Adam : création du fameux Bassin-Record surélevé, Club de la Plage avec plein de vedettes nautiques, grandes fêtes... Bon apprentissage de ce métier de Plagiste qui allait sérieusement me servir par la suite. Pendant cette période, il y a aussi la Radio au Petit Palais et au Poste Parisien... A côté de la caricature sportive, j’ai beaucoup sévi dans les milieux du théâtre, du cinéma, du music-hall et des courses de chevaux. "L’Album nr 1" de Caza, un succès ! Des expositions, beaucoup de ventes aux particuliers. Il doit y avoir des tas de Caza accrochés dans les salons des grands cracks-jockeys, entraîneurs, propriétaires etc... du côté de Chantilly, Maisons-Laffitte, Enghien et autres...

Entraîneur de l’Equipe de France de plongeon
La guerre passée, je reprends le tremplin. 1946, c’est le départ d’une carrière d’entraîneur merveilleuse car
1/ j’ai découvert les dons exceptionnels d’une jeune fille qui arrive de Saïgon : Mady Moreau
2/ j’ai convaincu mon ami Roger Heinkelé retiré de la compétition depuis 9 ans, de reprendre l’entraînement.

Dans la même année 1947 :

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Caza 1947

Avec ces 2 surdoués, je bouleverse des méthodes d’entraînement de l’époque en y incorporant footing, jogging, acrobatie, équilibrisme, yoga, sauna, préparation scientifique de chaque concours et même un stage d’oxygénation et de SKI àl’ENSA aux Praz de Chamonix. Les résultats sont pour tous les deux, les titres des champions de Paris, puis de France, puis d’Europe àMonaco en septembre 1947.
Cette année-làavec 3 médailles d’or sur 4, les plongeurs français viennent immédiatement derrière les USA sur le plan mondial.
Caza, Mady M., Roger H.
Mes 2 élèves confirment ce rang en enlevant 12 concours sur 13 au cours d’une tournée d’entraînement, en vue des J.O. de 1948, que je leur ai organisée dans les pays nordiques. Les J.O. de Londres mettent un terme àma carrière d’entraîneur qui m’a donné plus de joies sportives que je n’en ai obtenues moi-même en 18 ans d’Equipe de France.

Des joies sportives, je vais maintenant en connaître beaucoup d’autres grâce au SKI.

Je l’ai découvert en 1943 àVal d’Isère. Le coup de foudre ! J’avais 32 ans, j’étais en super-forme grâce au plongeon et j’ai tout de suite compris que la technique était essentielle dans ce sport anti-naturel. Dès le 2ème jour, j’étais élève de l’ESF. Au lieu des huit jours prévus, je suis resté un mois, j’y suis revenu pour Pâques et puis l’année suivante. Et dès 1945, j’ai commencé àfaire pour l’Equipe, les reportages des grands événements du ski international, ce qui m’a offert l’occasion d’observer les meilleurs skieurs du monde, les James Couttet, Oreiller, Jean Blanc Rominger, Zeno Colo etc.

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Wengen1, février 1946
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Wengen2, février 1946

A l’occasion de ces reportages, je ne manquais jamais la possibilité de courir des courses d’hivernants et même le fameux Derby de la Parsenn de Davos 14 kms de descente.
1950 - Ras le bol de Paris - je quitte la Plage de l’Isle-Adam que je dirigeai depuis 2 ans, je quitte l’Equipe, je quitte Paris, je quitte mon métier de dessinateur sportif et j’accepte àtitre de technicien du ski (!) d’aller pour une société pleine de fric àla recherche d’un site pour créer une station de ski.

En route pour la Haute-Savoie !

Long périple àmoto. Dévolu jeté sur Bernex (qu’il découvre en vadrouillant dans la région du Chablais et d’Abondance où un de ses fils avait séjourné au Collège Ste Croix des Neiges.) Je m’y installe et crée avec la famille Servoz le premier téléski. La famille suit. Premier hiver, beaucoup de neige.
Je crée la première Ecole de ski, le premier Syndicat d’Initiative. Entre temps, la Société a foiré sans me payer, le PDG est en Argentine, les sous restants ont été placés dans une affaire d’armement pour la guerre de Corée, c’est plus juteux ! Mais ce pays me plait tant... nous restons... et naturellement je skie, je skie, je skie...
Et au printemps 1951, découverte du Lac de la Beunaz sur la commune de St Paul en Chablais avec le maire Chaffard , création de la plage en avril, mai, juin et c’est parti ! pour 35 ans. Mais je n’aborde pas ce chapitre qui ferait plusieurs volumes.

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Lac de la Beunaz 1951
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La Plage de la Beunaz 1951

35 ans de dur labeur, avec ma bergère précieuse, d’amour, de passion, de bagarres, de BONHEUR !

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Goïzeko Izarra 1954
Caza La Beune 51

Retour au ski (ndlr)

Avec mes amis Servoz Félix et Marcel et aussi Etienne et Francis, je construis 3 nouveaux téléskis, je fais venir les premières classes de neige. J’enseigne àtour de bras après avoir obtenu mon diplôme professionnel d’Educateur Scolaire (aux Rousses et 1er de la session), le seul auquel l’inspecteur de l’enseignement du ski, mon ami Edgar Couttaz m’ait permis d’accéder... vu mon "grand âge" (49 ans). C’était en 1960 et dès le lendemain de ce succès, je courais àCordon ma première course sérieuse : le grand Prix des Vétérans où je finis second. Dès lors, le virus de la compétition allait m’envahir jusqu’àla moë lle et je bondissais sur chaque occasion qui se présentait de me trouver dans un portillon de départ.

C’est ainsi qu’en 25 ans de compétition, j’ai gagné 14 fois le Derby des Vétérans du ski, la dernière fois en 86 avec ma 25eme participation, plus de 100 courses de vétérans régionales, en épinglant parfois àmon palmarès quelques grands noms du ski français comme François Tissot ou Emile Allais qui appartenaient àla même catégorie d’âge que moi.
C’est àce même Emile Allais que je dà»s mon initiation àla descente et mon premier contact avec le Kilomètre Lancé qu’il avait implanté àla Plagne. C’était en 1966 et je rentrais d’emblée dans le Club des Cent avec un honorable 108 km/h.
Chamois, Flêches, Fusées, slaloms parallèles, KL, Parachute, je profitais àcent pour cent de toutes les possibilités sportives de la Plagne devenue mon QG et qui possédait àcette époque une équipe d’animation sportive imbattable.
Entre temps, le mouvement du Ski Vétéran se développait de plus en plus. J’y contribuais sérieusement de mon côté en faisant la liaison avec le grand leader du ski vétéran italien, Enzo Virbino qui organisait déjàle Championnat du Monde Vétéran en Géant. Je le gagnai pour la 1ère fois en 1978 àCourmayeur.

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Caza Essor Savoyard-1 1969
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Caza Essor Savoyard_2 1969

Parallèlement, j’avais continué mes KL àla Plagne, gagnant tous les concours dans ma catégorie, progressant jusqu’à138, 880 km/h, ce qui battit le Record du Monde Vétéran détenu par Emile Allais avec 137 km/h. Je participai au célèbre KL de Cervinia en 1972 (131km/h) et 73 (135 km/h) et en 75, j’enlevai la 1ère Coupe de France de Vitesse àla Plagne.

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Caza KL

La Coupe du Monde des Vétérans s’était bien organisée avec une vingtaine de courses dans huit pays différents et, en outre, un Championnat du Monde annuel où en 1981, je pris le titre de la Descente et du Combiné 3 avec une énorme avance sur les autrichiens, allemands, italiens et autres. Au classement général, 2ème en 82 et 83 et 2ème du Championnat du Monde de Géant.

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Caza senior : SkiPass benjamin !
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Caza, Laurent, Jérôme

C’est en 1982 aussi, que, après 6 ans d’arrêt, àl’occasion du renouveau du KL grâce àl’action des soeurs Breyton, je renouai avec le ski de vitesse.
Seul dans ma catégorie Vétéran 8 (de 70 à74 ans), je n’eus pas grand mérite àremporter les titres de la Coupe de France, du Championnat d’Europe et cette année-là, du Championnat du Monde, mais j’étais tout de même revenu àmon niveau d’il y a 12 ans et je flirtais avec les 135, 136 àl’heure..."

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Caza,recordman du monde KL vétéran

"En attendant mieux
Si Dieu me prête vie
Car le feu de la PASSION
Brà»le en moi
Plus ardent que jamais."

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Caza 80 ans (1991)

Son texte s’arrête làau top de sa carrière de ski.

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Trophées Caza fin 89