Vive le Printemps !

samedi 15 mars 2008
par  Maylis Cazaumayou

Pour fêter le printemps qui pointe son nez avec hésitation entre mars et avril, l’envie m’est venue de vous offrir ce poème de Wordsworth doux àmon coeur que j’ai su par coeur autrefois.
Il est àlire àhaute voix en anglais, car dans sa langue d’origine, il a un rythme et un son merveilleux.
La version française est làpour mieux comprendre évidemment ! :o)

jonquilles

DAFFODILS

I wander’d lonely as a cloud
That floats on high o’er vales and hills,
When all at once I saw a crowd,
A host, of golden daffodils ;
Beside the lake, beneath the trees,
Fluttering and dancing in the breeze.

Continuous as the stars that shine
And twinkle on the Milky Way,
They stretch’d in never-ending line
Along the margin of a bay :
Ten thousand saw I at a glance,
Tossing their heads in sprightly dance.

The waves beside them danced ; but they
Out-did the sparkling waves in glee :
A poet could not but be gay,
In such a jocund company :
I gazed — and gazed — but little thought
What wealth the show to me had brought :

For oft, when on my couch I lie
In vacant or in pensive mood,
They flash upon that inward eye
Which is the bliss of solitude ;
And then my heart with pleasure fills,
And dances with the daffodils.

(1804) William Wordsworth (1770-1850)

l'étourneau au printemps

LES JONQUILLES

J’errais solitaire comme un nuage
Qui flotte au-dessus des vallées et des monts,

Quand tout-à-coup je vis une nuée,

Une foule de jonquilles dorées ;

À côté du lac, sous les branches,

Battant des ailes et dansant dans la brise.

Drues comme les étoiles qui brillent
Et scintillent sur la Voie lactée,
Elles s’étendaient en une ligne sans fin

Le long du rivage d’une baie :

J’en vis dix mille d’un coup d’œil,

Agitant la tête en une danse enjouée.

Les vagues dansaient àleurs côtés ; mais

Elles surpassaient les vagues étincelantes en allégresse :

Un poète ne pouvait qu’être gai,

En une telle compagnie :

Je les contemplais, les contemplais mais pensais peu

Au présent qu’elles m’apportaient :

Car souvent, quand je m’allonge dans mon lit,

L’esprit rêveur ou pensif,

Elles viennent illuminer ma vie intérieure
Qui est la béatitude de la solitude ;

Et mon cœur alors, s’emplit de plaisir

Et danse avec les jonquilles.

Traduction de Catherine RÉAULT-CROSNIER