Voilàl’été ! Voilàl’été !...

dimanche 22 juin 2008
par  Maylis Cazaumayou

La "Faites de la Musique" s’est passée au sec et au chaud, c’est exceptionnel et jubilatoire !...
Que ce baptême de l’été soit de bon augure pour les mois qui suivent et nous donne envie d’en faire une fête simple et spontanée comme on a pu le voir dans certaines rues !

Comme le soleil fait partie de notre patrimoine personnel... c’est donc ànous de frotter chaque jour notre lampe magique, dite aussi et plus joliment "lampe merveilleuse" pour qu’il brille sans brà»ler, sans dessécher, sans assoiffer, ni soi-même, ni les autres nous-mêmes ...

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Dans la plénitude ...

La minute étymologique qui donne du sens :

Le terme "vacance" vient du verbe latin "vacare" qui signifie "être vide"... Le "vacancier", mot pas très joli, n’arrive qu’en 1942 dans les dictionnaires... Drôles de vacanciers àl’époque... Enfin, "vacance" est, déjàdepuis le XVIe siècle, "le temps où l’on ne va plus en classe".
Pourtant, il ne s’agit pas d’être négativement vide et creux au premier sens de ces termes, mais plutôt, toujours au premier degré, pour mieux profiter de cette période, ce temps de plus de simplicité peut permettre de faire le vide d’un certain nombre d’occupations ordinaires et quotidiennes, actes ou pensées, brillant par leur absence de sens profond, sans compter leur coà»t pour soi (santé et porte-monnaie) et pour l’environnement....

Et pourquoi ne pas envisager la vraie vacuité... Pour faire simple, être conscient de la vacuité, c’est être conscient de : "l’interdépendance, ce qui signifie que toute chose dépend des autres pour exister. [...] Tout est par nature interdépendant et donc vide d’existence propre." - vaste sujet de réflexion pour l’été et pas seulement !...)-
L’intéressant, c’est que, dès le commencement de cette prise de conscience, naissent ouverture, disponibilité, relativité et détachement c’est-à-dire moins de réaction réflexe de notre affect perso, donc moins de souffrance pour soi et les autres... un nouvel air frais, pacifiant et vivifiant..

Par ailleurs, le terme "vaquer" aurait la même origine que le mot "vacance". Or, en général : "on vaque àses occupations". On pourrait dire alors que les vacances seraient le temps de vaquer aux occupations de l’été ou autres saisons, en rendant vacant notre lieu de "travail-monnaie"...
(A propos justement, saviez-vous que le mot "travail" vient de "tripalium" (bas-latin) qui était le nom d’un tabouret de torture àtrois pales au VIe siècle... No comment ! :o) )
Tout cela pour dire qu’on tourne en rond... Finalement, l’homo sapiens-sapiens (parfois), lui, donc nous, n’est jamais en vacance et la période dite des vacances peut éventuellement lui permettre d’approfondir le sens profond des choses qu’il survole le plus souvent.
Foin de vacances ou de vacations, tout moment est pour lui, encore et toujours apprentissage, réflexion àexpérimenter et àintégrer pour la mieux vivre et vivre mieux...

Alors, pourquoi pas l’été ?

Grâce au fait que, chez soi ou ailleurs, il y flotte un air différent, une ambiance propice àposer un autre regard sur les événements, les choses et les êtres proches et lointains. Propice àécouter nos intuitions qui nous permettent de découvrir ce àcôté de quoi nous passons le reste de l’année par hyper-occupation sous le règne du singe bavard de notre pensée laissée àl’abandon, qui dirige nos vies, nous maltraite et asphyxie ce qui essaie d’émerger en nous : le véritable nous-même.
L’été est donc le moment où l’on peut faire pousser les graines qui étouffent sous nos cuirasses depuis trop longtemps, faute d’air et d’eau, et qui avaient éveillé l’enfant ouvert àtout, que nous étions.
Il n’est jamais trop tard pour reprendre le fil de nos désirs, de nos projets, de nos rêves, et pour défaire les noeuds accumulés en tas désordonné àcause du trop vite, trop nombreux, trop superficiel, trop bruyant, trop peu, trop sec, trop dur, trop plein... de vide de l’année ordinaire, en se gavant de vraie communication, de vrai silence, de vrai calme au moment adéquat. Le mot "trop" est lui aussi devenu un leitmotiv vidé de sens... Retrouver ce qui nous nourrit simplement : un regard attentif et profond sur la nature, sur les êtres, sur la vie si pleine, si étonnante àchaque minute, chaque heure quand elle est vraiment accueillie telle qu’elle est et aussi ... partagée.

Vaquons donc dans cette période de vacances, àla recherche du sens profond des choses. Le seul fait d’envisager cela, fait apparaître des tas de choses invisibles auparavant.
Vaquons àêtre notre meilleur ami, ce qui nous rendra tel pour les autres.
Le retour sera chargé d’une énergie renouvelée, pour entamer l’automne, habité d’une conviction toute neuve sur la vraie valeur et le véritable sens de la vie.

Que l’été soit fertile et gonflé de plénitude !

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... et l’abondance !